Presque aveugle, il était tétraplégique et se déplaçait en fauteuil roulant depuis un accident de sport survenu à l'âge de 12 ans. Leader emblématique des mouvements musulman, son influence et sa popularité furent croissantes à partir des années 1980.
Son année de naissance n'est pas connue précisément, mais lui-même indiquait 1938. Yassine est né dans le village d'Al-Goura près de la ville d'Ashkelon, mais il a grandi dans un camp de réfugiés de la bande de Gaza après que son village a été détruit par les israéliens durant la guerre israélo-arabe de 1948 qui suivit immédiatement la création de l'État d'Israël.
Yassine étudie à l'université Al-Azhar au Caire, en Égypte, après avoir suivi un collège d'enseignement général, malgré sa paralysie suite à son accident survenu à l'âge de 12 ans. Yassine rejoint pendant ses études le mouvement des Frères musulmans.
En 1987, Yassine va créer légalement et enregistrer en Israël le mouvement Al-Moujamma al-Islami qui servira de base institutionnelle au Hamas.
Yassine fonde le Hamas au début de la première Intifada en 1987, l'appelant à l'origine l'aile palestinienne de la fraternité musulmane.
Yassine déclare alors régulièrement que « la terre d'Israël est consacrée pour les générations musulmanes futures jusqu'au jour du Jugement » et que « ce chemin de paix prétendu n'est pas la paix et ce n'est pas un remplaçant du jihad et de la résistance ».
Il est reconnu coupable d'avoir ordonné l'enlèvement et le meurtre de deux soldats israéliens. Il est arrêté pour ces actes et condamné à la prison à vie par une cour israélienne . Ce n'est que cette année-là que le mouvement Hamas est interdit par Israël.
En 1997, Yassine est libéré de la prison israélienne pour être échangé contre deux membres du Mossad emprisonnés en Jordanie suite à l'échec à Amman d'une tentative d'assassinat de Khaled Mechaal, autre dirigeant du Hamas. Yassine est expulsé d'Israël.
Après sa sortie de prison, Yassine reprend son rôle de dirigeant spirituel du Hamas. Il reprend immédiatement ses appels à la « résistance contre l'occupation israélienne », en utilisant des tactiques incluant des attaques suicide contre des cibles israéliennes, tant militaires que civiles.
Pendant les étapes diverses du « processus de paix » entre Israël et l'Autorité palestinienne, Yassine est à plusieurs reprises assigné à résidence par celle-ci. Mais, à chaque fois, il est finalement libéré, souvent à la suite d'importantes manifestations de ses partisans.
Le 13 juin 2003, des sources israéliennes annoncent qu'Ahmed Yassine « n'est pas protégé » contre un éventuel assassinat ciblé de l'armée israélienne. Trois mois plus tard, le 6 septembre 2003, une division de F-16 de l'armée de l'air israélienne lance une bombe de 250 kg sur une habitation de la ville de Gaza. Ahmed Yassine, qui se trouvait à l'intérieur du bâtiment, est légèrement blessé par cette attaque. Les fonctionnaires israéliens confirmeront plus tard que Ahmed Yassine était la cible de l'attaque. Ahmed Yassine est soigné à l'hôpital Shifa, à Gaza.
Après cette attaque, Ahmed Yassine déclare aux journalistes que « le temps prouvera que la politique d'assassinat ne détruira pas le Hamas. Les dirigeants du Hamas veulent être des martyrs et n'ont pas peur de la mort. Le Jihad continuera et la résistance continuera jusqu'à ce que nous ayons la victoire, ou nous serons des martyrs ». Plus tard, Ahmed Yassine déclare encore que le Hamas donnera « une leçon inoubliable à Israël », en représailles à cette attaque.
Finalement, Ahmed Yassine est assassiné dans une autre attaque israélienne, le 22 mars 2004, alors qu'il quitte une mosquée pour la première session de prière du matin. Il est frappé par des missiles tirés depuis des hélicoptères de combat, et il est tué sur le coup ; deux de ses fils sont blessés. L'attaque suivait la déclaration de Yassine selon laquelle « la réponse d'Israël à l'attentat-suicide d'Ashdod était faible et qu'ainsi le Hamas gagnera en force ».
L'attaque fut considérée comme une vengeance israélienne contre les attaques suicides commanditées par le Hamas. Ismail Haniyeh, alors porte-parole du Hamas, fit la déclaration suivante : « C'est la fin dont le cheikh Ahmed Yassine avait rêvé. » La direction du Hamas déclara qu'Ariel Sharon avait « ouvert les portes de l'enfer ».
La plupart des pays, à l'exception notable des États-Unis, ont fermement condamné l'assassinat de Ahmed Yassine, critiquant son caractère extra-judiciaire.
INNA LILAH WA INNA ILAHI RAJIOUNE
